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29.02.2008

Un four, ça sert à faire du pain…

« Celui qui ignore son histoire est condamné à la revivre », dit le philosophe. C’est sans doute pour cela, par volonté de ne pas oublier le passé tout en construisant l’avenir, que j’accompagne plus de 130 jeunes à Auschwitz et Birkenau. Pour eux, garçons et filles de 16 ans, tous en 5ème secondaire, le voyage est obligatoire. Il fait partie intégrante du projet pédagogique de leur école. Loin des périples touristiques et culturels de fin d’Humanités, le passage par les camps de la mort nazis se définit comme temps de travail de mémoire et d’éducation à la citoyenneté.

Impossible de dire en quelques mots tout le vécu de ces jours dans l’enfer de l’humanité. Impossible d’en dire tout le contenu, tout le ressenti et tout le partagé. Reste donc quelques images (voir galerie) et quelques paroles de jeunes...

Parmi celles-ci, une m’a particulièrement touché. Après avoir découvert l’organisation méthodique de la solution finale et les bâtiments des chambres à gaz, un d’entre eux s’exclame : « Pourtant, un four, ça sert à faire du pain ! ». Bon sang, mais c’est bien sûr, un four ça réchauffe, ça cuit un bon petit plat ou ça fait monter le pain que l’on partagera à table. Un four, c’est un outil au service de la vie et du plaisir. Pourtant, un jour dans l’histoire, des hommes intelligents, des ingénieurs, des scientifiques, ont imaginé des fours pour brûler et faire disparaître d’autres hommes… Est-ce la haine, l’esprit de revanche de 14-18, l’appât du gain, l’obéissance aveugle, la manipulation, la peur des représailles en cas de refus… qui menèrent ces personnes à accomplir de tels actes ? Un peu de tout cela sans doute. Mais le résultat est là, devant nos yeux et sous nos pieds. Auschwitz et Birkenau sont à jamais en nous. Restent dans nos esprits les valises, les lunettes, les bijoux, les boites de cirage, les peignes, les photos… de tous ceux et celles qui y ont été assassinés, d’un coup ou à petits feux.

Et chacun de se dire : Pourrions-nous agir encore ainsi aujourd’hui ? A quels ordres injustes venus de quelles autorités serions-nous prêts à obéir ? Quelle serait notre capacité de résistance ? Jusqu’où irions-nous pour éviter les ennuis et risquer d’être mals vu en osant refuser un acte de violence, de mépris, de racisme qui se passe devant nous ? Je ne réponds pas trop vite à ces questions. Je les porte plutôt en moi. Et je regarde notre société où tant d’hommes, de femmes et d’enfants sont rejetés et maltraités pour leur couleur, leur sexe, leur origine sociale, leur religion… Pour ceux-là, chez nous, dans nos maisons, quartiers, écoles, lieux de travail, transports… ni train de la mort, ni four. Mais combien de regards et de paroles gratuites qui excluent et tuent tout autant…

Face à cela, voir Birkenau, c’est plonger en soi-même et affronter notre condition humaine, notre peur des autres, tous différents de nous. Et, conscients de nous-mêmes, oser un autre chemin. Celui qui nous conduit à dire avant chaque contact : « si tu es différent de moi, tu m’enrichis ». Et voir dans chaque personne rencontrée un compagnon désiré. « Compagnon » signifie « celui avec qui on partage le pain ». Ce pain que l’on cuit au four… et qui fait tellement vivre !

Je voudrais terminer en remerciant Thomas, Aurélie, Bruno, Patricia et tous les autres étudiants, professeurs et éducateurs rencontrés lors de ce périple. Qu’ils sachent que ce voyage fut pour moi, grâce à eux, un temps de vérité, de respect et d’espoir…

18.02.2008

Les boucles de spa n’ont pas levé le pied pour l’environnement !

Il y a des jours comme ça où je ferais mieux de ne pas ouvrir mon journal. C’est le cas ce matin. Rien de grave apriori à la Une de mon quotidien. Il relate juste, grande photo à l’appui qu’un quelconque coureur automobile a remporté pour la Xème fois les boucles de Spa rebaptisées « Légend » (sans « e » pour faire anglais je suppose). A l’intérieur, deux autres grandes pages sont consacrées à cet « événement » régional. Tous les records ont été battus se félicite le journaliste dont celui de la participation. « De quoi faire vibrer à nouveau les nostalgiques de la grande époque et convertir les plus jeunes », apprécie l’organisateur.
Loin de moi l’idée de jouer au chevalier blanc en brocardant un événement digne du siècle dernier d’où sans doute son nom. Chacun a ses incohérences et, comme le dit M. Dehaene, notre ancien premier ministre, quand on monte au mat, il vaut mieux ne pas avoir de trous dans son pantalon ! Qu’on me permette juste ici de donner le début d’un bref article issu du même journal de ce matin, en page 4, et intitulé : « Il va falloir lever le pied ! ». « La météo, trop belle, est… défavorable pour l’environnement : il va falloir lever le pied, aujourd’hui et demain, partout en Belgique ».
Question : Est-on vraiment certain que c’est la météo qui est défavorable à notre environnement ?
Questions subsidiaires et « réservées » aux habitants de l’arrondissement de Verviers : Sachant qu’un des participants est échevin d’une commune où les « Legend Boucles de Spa » sont passées ce week-end
Sachant que ce dernier refuse la mise en place d’éoliennes parce que ça va, selon lui, faire du bruit (sic) abimer le paysage…
Pouvez-vous nous dire la vitesse du vent au moment où le capo mal fermé de sa Quattro est venu se coller contre le pare-brise, l’obligeant ainsi à abandonner ? Est-ce pour cela qu’il aime si peu cette énergie ?

15.02.2008

Publicité à la RTBF: Yves Reinkin obtient un débat au Parlement

La question de la publicité dans les médias publics suscite depuis plusieurs mois divers « crêpages de chignons » entre les familles politiques traditionnelles. Ecolo demande de longue date l’organisation d’un débat au Parlement de la Communauté française sur la place de la publicité dans les médias publics. C’est aujourd’hui acquis.

Les Verts sont conscients des menaces qui pèsent sur la spécificité du modèle public de radiodiffusion autant que sur la viabilité à terme de la RTBF. Comment par exemple notre radiotélévision publique pourra-t-elle continuer à vivre si la Commission européenne limite les Etats membres dans leurs volontés de financer les médias publics qui diffusent de l’espace publicitaire? Quelles solutions alternatives pouvons-nous construire afin de ne pas laisser notre institution phare seule face à ce péril ? Par quoi serait-il possible de remplacer la publicité ?

Plutôt que de s’atteler à la tâche, le PS et le MR se contentent de se « crêper le chignon ». Loin de ces logiques stériles, voir dangereuses pour la RTBF, Ecolo a obtenu hier l’ouverture de ce nécessaire débat.

La Ministre Laanan s’est enfin engagée à venir débattre de la position du Gouvernement de la Communauté française dans le cadre de son avis sur les aides d’Etats aux organismes de radiodiffusion, qui doit aboutir au niveau européen pour le 10 mars. La Commission de l’audiovisuelle se réunira avant cette date fatidique pour permettra aux parlementaires de réagir à l’avis du Gouvernement.

Après ce premier pas, Ecolo pèsera de tout son poids afin qu’une étude scientifique sur le financement de la RTBF, et la nécessité ou non de la publicité dans ce cadre, puisse enfin être menée. Et que cette étude constitue le terreau du débat démocratique qui s’impose enfin.

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